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Analyses données 2010

Les entomologistes de l’Opie ont passé en revue l’intégralité des collections qui ont été saisies sur le site du Spipoll en 2010. Grâce à cet immense travail de révision, les scientifiques disposent de données validées dont voici quelques pistes d’analyses...

  • Mâle d'Halicte
[Photo F. Virey | © OPIE]
Identifications des insectes

Grâce à la clé d’identification assistée par ordinateur (en ligne sur www.spipoll.fr), les Spipolliens ont pu rattacher leurs insectes à un taxon (c’est-à-dire une espèce ou un ensemble d’espèces non distinguables sur photo).

Pourcentages de bonne identification selon les ordres d‘insectes photographiés :


Par exemple pour les hyménoptères, environ 60 % des photos étaient bien identifiées directement par les spipolliens.

Ce 2ème tableau montre une augmentation au cours de la saison du pourcentage de bonne identification pour chacun des groupes. Autrement dit, en participant, les Spipolliens ont acquis des connaissances et ont identifié de mieux en mieux leurs photos, ce qui est très encourageant pour la pérennité du Spipoll !

 

Taxons rencontrés en 2010

Ce ne sont pas moins de 386 taxons qui ont été observés, dont 143 ne comprenant qu’une seule espèce. Voici quelques exemples parmi les espèces prises en photos en 2010 :

  • chez les coléoptères (scarabées, longicornes et compagnie), notons le Clyte varié (Chlorophorus varius), le Malachide à bandes rouges (Anthocomus fasciatus), la Lepture tachetée (Rutpela maculata) ou la bien connue Coccinelle à 7 points (Coccinella 7 punctata) ;

  • chez les diptères (les Mouches), le Syrphe porte-plume (Sphaerophoria scripta), la Syritte piaulante (Syritta pipiens), la Rhingie champêtre (Rhingia campestris) ou encore la Volucelle zonée (Volucella zonaria) sont parmi les mieux représentés ;

  • en ce qui concerne les hyménoptères (Abeilles, Bourdons et Guêpes…) notons l’Abeille à culottes (Dasypoda hirtipes), le Sphégien noir à ailes fumées (Isodontia mexicana), la Collète du lierre (Colletes hederae) ou encore l’Abeille domestique (Apis mellifera), mais aussi une toute petite abeille solitaire jaune et noir rarement prise en photo, Nomioides facilis ;

  • enfin, pour les lépidoptères (Papillons de jour et de nuit), le Vulcain (Vanessa atalanta), le Demi-Deuil (Melanargia galatha), le Moro-Sphinx (Macroglossum stellatarum) ont été parmi les vedettes de 2010.

Diversité et habitats

Le nombre de  taxons par collection est un indice de diversité en insectes floricoles du milieu dans lequel la collection a été effectuée. C’est ce que montre le graphique ci-dessous : il semble qu’il y aurait plus d’insectes par collection dans les habitats de type « forêts et milieux naturels » que dans les autres. Les différences observées entre ce milieu et les milieux « Urbain » et « Milieux agricoles » sont confirmées statistiquement.

Il semble cependant que selon le groupe d’insectes que l’on étudie, les préférences d’habitat diffèrent, ce qui n’est pas surprenant étant donné les différences de cycle de vie entre ces grands groupes.

Les insectes floricoles et les milieux urbains

Les données de l’année 2010 récoltées par vos soins permettent d’étudier de nombreuses questions que l’on peut se poser sur les insectes floricoles (pour rappel, un floricole est un insecte venant visiter la fleur le plus souvent  pour en consommer le nectar, le pollen, il n’est pas forcément efficace dans la pollinisation ; un insecte pollinisateur est un floricole efficace dans la pollinisation !).
Il faut donc faire des choix et les résultats présentés ici sont issus de la première question à laquelle nous avons voulu répondre : « Comment se portent les insectes floricoles en milieux urbains ? ».
C’est une question d’importance étant donné que les villes s’étendent et gagnent du terrain sur les campagnes et les milieux naturels. Il apparaît donc important de savoir à quel point les insectes floricoles sont sensibles, ou non, aux milieux urbains.

        Un point rapide sur la méthode
Les analyses ont été effectuées sur les taxons insectes ayant été photographiés dans au moins 30 collections au cours de l’année 2010. Cette limite, nécessaire à la robustesse des résultats, focalise l’analyse sur 79 taxons au sein des 2169 collections.
Pour chacun de ces 79 taxons, un indice moyen d’affinité avec les milieux urbains a été construit, basé sur la proportion d’habitat urbain entourant les collections dans un rayon de 1km. Nous avons calculé un intervalle de confiance pour l’indice de chaque taxon, il signifie que l’on est sûr à 95% que l’indice d’affinité avec les milieux urbains est inclus dans cet intervalle.
Si la valeur moyenne de l’indice est inférieur à 0, cela signifie que le taxon a tendance à se trouver dans les milieux les moins  urbanisés. Si la valeur moyenne de l’indice est supérieur à 0, cela indique que le taxon a tendance à se trouver dans les milieux les plus urbanisés.
Si l’intervalle de confiance de l’indice recouvre 0, cela signifie que le taxon est pas ou peu insensible à la proportion de milieu urbain dans son environnement proche.

        A ordre différent, sensibilité différente
Les 79 taxons que nous avons étudiés peuvent être rassemblés au sein de 5 groupes :
- 12 taxons de coléoptères (coccinelles, scarabées, longicornes, …)
- 20 taxons de diptères (syrphes, bombyles, …)
- 25 taxons d’hyménoptères (abeilles, bourdons, guêpes, …)
- 14 taxons de lépidoptères (les papillons)
- 8 taxons disparates: des insectes : 6 taxons de punaises (Hémiptères), le taxon « les Sauterelles » (Orthoptères, Tettigoniidae) ; et des Arachnides : le taxon « les Araignées crabes » (Aranéides, Thomisidae).

Un indice d’affinité avec les milieux urbains pour chacun des groupes ci-dessus a été calculé en moyennant les indices des taxons constituant ces groupes. La figure ci-dessous montre le résultat avec en ordonnée l’affinité avec les milieux urbains. Les hauteurs des rectangles de couleur correspondent aux intervalles de confiance des indices. Les traits blancs au milieu de chacun des rectangles indiquent les valeurs moyennes. Les chiffres sous les boîtes est le nombre total de photos des taxons inclus dans chacun des groupes, aussi représenté par la largeur des boîtes.
Un premier constat est que les hyménoptères, puis les diptères, sont les groupes d’insectes floricoles les plus photographiés en 2010, reflétant leur importances potentielles dans la pollinisation des plantes à fleurs « collectionnées » par vos soins.


Deuxièmement, en regardant les valeurs de l’indice de ces différents groupes, il apparaît que les coléoptères et « autres arthropodes » semblent plutôt préférer les milieux moins urbanisés alors que les hyménoptères (groupe le plus important en termes de nombre de photos) semblent légèrement plus présents en milieux urbanisés. Ce ne sont néanmoins que des tendances. En revanche, les diptères et surtout les lépidoptères se trouvent, en moyenne, en milieux faiblement urbanisés. Enfin, ces deux derniers groupes sont plus sensibles à l’urbanisation que les hyménoptères, les intervalles de confiance ne se recouvrant pas.

En étudiant les 79 taxons individuellement, 3 sont trouvés en moyenne en milieux plutôt plus urbanisés : Les Mégachiles rayés <Megachile et autres>, Les Anthidies <Anthidium et autres> et Les Petites abeilles variées <Hylaeus et autres>. Ceci est à mettre en balance avec les 20 taxons photographiés en milieux significativement moins urbanisés : des diptères (la Rhingie champêtre par exemple), des papillons (l’Amaryllis ou encore le Myrtil), quelques coléoptères et aussi le taxon d’hyménoptères « Les Abeilles à abdomen rouge <Sphecodes et autres> » (ce sont des abeilles « coucou », qui parasitent le nid d’autres espèces d’abeilles sauvages : les adultes pondent et remplacent les œufs déjà présents). Les 55 autres taxons apparaissent plutôt insensibles à la proportion de milieux urbains dans leur environnement proche, bien que la majorité d’entre eux (34) ont tendance à éviter ces milieux.

        La pollinisation en ville
La pollinisation est un service écosystèmique important (voir http://www.spipoll.org/la-pollinisation) et pour savoir si celle-ci est menacée en milieux urbains, on peut s’intéresser en particulier aux taxons que l’on peut qualifier sans aucun doute de pollinisateurs. Il y a l’abeille domestique, la plus connue, mais aussi les bourdons et les autres abeilles sauvages (les halictes, les mégachiles, etc.). On peut aussi ajouter les bombyles et les syrphes. La figure 2 présente l’affinité de ces taxons avec les milieux urbains.


La grande majorité des principaux pollinisateurs apparaît tolérante à la proportion de milieux urbains dans l’environnement proche. Notons que l’abeille domestique est le taxon le plus photographié (618 fois) ce qui souligne son rôle non-négligeable de pollinisateurs des plantes à fleurs. Cependant, en comparant avec le nombre total de photos des autres groupes (les chiffres entre parenthèses), on met en lumière le rôle crucial des bourdons (1208 photos au total, 2 fois le nombre de photos de l’abeille domestique), des autres abeilles sauvages (1406 photos) et des syrphes (1354 photos). De plus, on peut mentionner que ces derniers groupes de pollinisateurs ont butiné des familles de plantes que les abeilles domestiques n’ont pas visité, comme par exemple les Grossulariacées (famille des Groseilliers), les Plombaginacées (plantes caractéristiques des milieux salins, les Arméries par exemple) ou encore les Euphorbiacées (famille des Euphorbes).

Conclusion

Ces résultats partiels seront approfondis.

Toute l’équipe du Spipoll tient à remercier l’ensemble des participants sans lesquels de tels résultats n’auraient bien sûr pas vu le jour !

Il ne faut cependant pas s'arréter là !
L'analyse ci-dessus a été faite sur un nombre restreint de taxons ; ne serait-ce qu’avec l’année 2011, ce nombre augmentera et, d’années en années, les analyses pourront être faites sur toujours plus de taxons ! Pour l’année 2010 par exemple, il aurait nécessité en plus 1 collection contenant «Les Tachinaires cylindriques <Cylindromyia> » ou encore 3 collections avec « Les Tenthrèdes noir et jaune <Tenthredo et autres> » pour inclure ces taxons dans les analyses.
Chaque collection compte donc !
Nul doute qu’avec les données de 2011, ces taxons (et d’autres) pourront être inclues dans les analyses !

A vos appareils photos !